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Facebook et le Revenge Porn : un test en Australie

Par Guillaume Thavaud - Publié le 7 novembre 2017

Le « revenge porn » est une pratique condamnable (et condamnée) consistant à publier sur le net des photos dénudées d’une personne, à son insu, et dans le but de lui porter préjudice. Ce phénomène, malheureusement assez courant, profite de la vaste audience disponible sur les réseaux sociaux, et aussi de la simplicité d’utilisation des réseaux en question (quelques clics suffisent pour détruire une vie). Ce problème touche aussi bien les stars que les inconnus…

La grosse majorité des réseaux sociaux condamne ce genre de pratique et s’efforce de faire disparaître les contenus incriminés dés que possible. En avril 2017, Facebook avait annoncé le lancement de plusieurs outils visant à supprimer rapidement les photos indésirables et à empêcher leur republication. Problème avec ce système (mais Facebook n’est pas le seul dans ce cas) : les contenus sont supprimés a posteriori. C’est à dire après qu’ils aient été mis en ligne et signalés par les internautes. On voit bien que ce système est insatisfaisant, car une fois qu’une photo est en ligne, elle se reproduit de façon virale et cause des dégâts considérables.

Une nouvelle étape vient d’être franchie en Australie, en association avec eSafety. Le nouveau système proposé par Facebook consiste à identifier une photo X avant qu’elle soit publiée, et donc à la bloquer d’emblée. Comment cela sera possible ? Grâce à l’analyse d’image… Facebook utilisera une bibliothèque d’empreintes numériques pour savoir si une photo peut ou pas être publiée sur le web.

Le problème est l’obtention de cette fameuse empreinte numérique. Pour le moment les utilisateurs sont invités à envoyer leurs photos intimes à eSafety, qui en fera une empreinte et qui s’assurera ensuite que les photos correspondant à cette empreinte ne soient pas utilisées.

C’est là où la solution laisse perplexe… Donner ses photos X pour éviter qu’elles ne soient publiées ? N’est-ce pas un peu contradictoire ? Et puis que se passe-t’il si la photo publiée est retouchée (recadrage, changement de contraste/couleur) ? Le logiciel parviendra-t’il à les reconnaître ?

C’est en fait une première réponse à un problème qui est apparemment insoluble. Comment savoir si une photo est offensante et susceptible de porter atteinte à un individu ? Faut-il empêcher la diffusion de photos dénudées dans Facebook ? Mais quid des œuvres artistiques ? A titre d’exemple, en 2013, Facebook avait suspendu le compte du Musée du Jeu de Paume pour avoir publié une photo de femme nue prise en 1940…

Bref, il parait douteux qu’un robot parvienne un jour à savoir si une photo peut être publiée ou pas… Et de toutes manières, les avis des internautes sur la question peuvent être très différents (ce qui est considéré comme une création artistique pour les uns, peut être profondément offensant pour les autres). Ce qui complique encore plus le travail de modération de Facebook !

Ceci dit, le Gouvernement australien a l’air prendre le sujet très au sérieux, et c’est déjà un bon point. En France, on est encore bien en retard sur la question…