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Google et les Fake News

Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités…Cette maxime bien connue peut s’appliquer à Google, devenu en une dizaine d’années leader incontesté dans l’univers des moteurs de recherche. Presque tout le monde utilise Google pour trouver des informations, et la proportion sans cesse croissante de résultats douteux dans Google a des impacts significatifs sur le monde réel.

Les Fake News, appelées aussi « réalités alternatives » existent depuis longtemps sur le web (et auparavant on les trouvait dans la presse écrite, la télévision, la radio…). Il s’agit d’informations erronées, créées et diffusées pour manipuler l’opinion publique. Ces derniers temps, les Fakes news se sont invitées dans plusieurs compagnes électorales, et notamment celle des élections présidentielles. Donald Trump a été élu en profitant d’une quantité importante d’informations trompeuses diffusée par ses partisans sur le web, et c’est son équipe, qui a pour la première fois, parlé de « faits alternatifs » en détournant les images de sa cérémonie d’investiture.

La problématique ne touche évidemment pas que les États-Unis, car les technologies de l’information sont d’un usage mondial. En France, on peut citer la fausse information sur le compte offshore d’Emmanuel Macron, ou l’agacement de Najat Vallaud-Belkacem face à une Fake news sur la réforme de l’orthographe. Les exemples sont innombrables, le web et les réseaux sociaux facilitent grandement la diffusion de canulars et informations malveillantes.

Et Google dans tout cela ? Jusqu’à présent sa politique était de défendre la liberté d’expression des internautes, et de refuser de censurer les résultats affichés dans son moteur de recherche. Sauf que petit à petit, il a bien fallu réviser cette stratégie, pour ne pas porter aux utilisateurs. Chasse au spam, droit à l’oubli (suppression des résultats portant préjudice à des personnes), ou lutte contre le « porn revenge » (images à caractère sexuel diffusées sans le consentement des personnes photographiées ou filmées) sont des mesures que Google a pris pour améliorer la pertinence de son moteur.

Les résultats de l’élection américaine, et l’avènement d’un président qui n’est pas très favorable aux nouvelles technologies (contrairement au précédent), ont fait réfléchir Google. Depuis le mois dernier, il s’est doté d’un outil de fact-checking, et va labelliser les résultats de recherche selon leur degré de véracité (vrai/faux/partiellement vrai). Libre ensuite aux internautes de consulter le lien.

Pour cela, Google se repose sur des organismes indépendants, tels que PolitiFact, Washington Post et au New York Times. A noter aussi que Google News Lab collabore en France au projet Cross Check (une quarantaine de médias vérifie la pertinence des informations).

Néanmoins, pour le moment, la lutte contre les Fake news est bien timide dans Google.. J’ai fait le test sur Google US, avec une fausse information concernant la mort d’un acteur de série américaine. Sur la requête « scott baiio killed », les Fake News apparaissent toujours en bonne position, et passent même devant Wikipedia ! Il y a certaines d’autres résultats qui parlent de canular, mais sont peu mis en valeur… En rouge les fausses informations.

En vérité, il faut bien plus que des algorithmes pour déterminer si une information est vraie ou pas. Google a toujours mis en valeur les informations issues de sites de confiance et populaires (au sens où elles sont beaucoup partagées et lues par les internautes). Mais que se passe-t’il si un média pertinent se trompe ? Et que se passe-t’il si les gens relaient (innocemment ou non) des fake news en utilisant les forums de discussion, les blogs, les commentaires et autres outils mis à leur disposition ?

Autre point important : comment détecter et étiqueter une Fausse information publiée à des fins parodiques ? Le site Legorafi est un bon exemple… La plupart de ses informations sont totalement loufoques mais certaines semblent plausibles, et sont considérées comme vraies par des internautes (et des journalistes) peu regardants.

Et il y a le cas des théories complotistes qui circulent depuis des décennies sur le web, et qui réapparaissent sporadiquement à chaque attentat ou catastrophe. Sans parler des Hoax qui circulent depuis que le web existe et qui reviennent régulièrement (voir des exemples sur http://www.hoaxbuster.com/)

Bref, les moteurs de recherche ont une vraie responsabilité en matière de filtrage de l’information et ne peuvent pas se contenter de tout référencer. Il faut un cerveau humain, suffisamment critique pour faire le tri. Le problème est de traiter les infos dés leur apparition, le temps d’analyse sera toujours plus long que le temps de diffusion des Fake news. Difficile dans ces conditions de contrôler la pertinence du web…

 

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