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Google veut partir en guerre contre les interstitiels

Par Guillaume Thavaud - Publié le 16 juin 2015

Lors du salon SMX 2015, Maile Ohye (photo ci-dessous) a déclaré à Seattle que « Les interstitiels sont mauvais pour les utilisateurs, alors soyez sûr que c’est quelque chose à quoi nous pensons en ce moment ». Une menace voilée qui pèse sur une pratique assez sale, pratiquée par de nombreux sites web.


Dignes successeurs des Pop-ups des années 90, les interstitiels sont des fenêtre apparaissant inopinément par-dessus le contenu d’une page web (parfois prenant même toute la place disponible) et uniquement conçues à des fins publicitaires. Parmi les grands classiques, on a l’incitation à devenir fan d’une page Facebook, le formulaire d’inscription à une newsletter, les jeux concours, les promotions proposées par le site…. Parfois même, l’interstitiel n’a rien à voir avec l’activité du site que vous visitez (dans ce domaine, vous avez sûrement déjà été confronté à d’horribles publicités de voiture !!)

C’est un système qui est particulièrement agaçant, surtout sur les interfaces mobile où l’interstitiel prend toute la place disponible. En voici quelques exemples :

interstitiel-01-net

interstitiel-sejournal

Personnellement ce type de technique m’insupporte, et j’approuve l’idée de Google de punir ce type de pratique. Voici quelques arguments réfléchis pour qui montrent pourquoi les interstitiels sont à mon avis une mauvaise solution marketing….

Interrompre la lecture, c’est mal. Lire un article sur un ordinateur, une tablette (ou pire encore un smartphone) n’est pas du tout agréable. Imaginez-vous ce qui se passe dans la tête du lecteur, quand il est interrompu grossièrement dans la lecture d’un article de fond ou l’analyse d’une fiche produit ! C’est à peu près aussi agréable qu’une coupure publicitaire en plein milieu d’un film, le résultat est que le lecteur va quitter le site, à moins qu’il ait vraiment très envie de lire l’article.

Où se trouve cette fichue croix ? Beaucoup d’interstitiels sont bruyants, agressifs et sont difficiles à neutraliser car la croix ou le bouton qui permet de les fermer est à peine visible (quand elle n’est pas purement et simplement inaccessible, comme cela arrive sur un écran mobile). Le pire du pire est constitué de ces publicités vidéos, où vous ne pouvez rien faire pendant une dizaine de secondes, la croix n’apparaissant qu’après un visionnage forcé.

Les internautes ne sont pas des idiots. Qui aujourd’hui remplit un formulaire ou s’abonne à une newsletter parce qu’une publicité lui saute à la figure ? Les internautes savent qu’ils vont recevoir un flux de spam et de publicités… Par ailleurs, les internautes savent aussi très bien trouver où se trouve le formulaire de contact sur un site web et comment devenir fan d’une page Facebook. Si le site web est bien conçu, ces éléments devraient être faciles à trouver, sans faire appel à la publicité !

Bref, si vous utilisez des interstitiels, il faut penser à des solutions moins intrusives pour l’internaute. Des bannières publicitaires par exemple, ou des encarts discrets sur le côté des pages.  Sachez-le aussi, de plus en plus d’internautes, excédés par les publicités, se munissent de plugins de type AdBlock (ce qui fait hurler certains webmasters qui se plaignent de la baisse de leurs revenus publicitaires). Si même Google s’y met, il est temps de penser à d’autres modèles économiques !